Solus OS 4.3 Mate

Une grosse déception

Pour moi, un système d'exploitation est avant toute chose une affaire d'interface, premier contact avec son utilisateur. Elle doit être fonctionnelle et agréable à l'œil.

Si je suis un inconditionnel de Gnome, j'admets volontiers que l'interface Mate est agréable à utiliser, même si je la trouve moins bien organisée et simple que son ancêtre et si, plus que tout, le choix du thème et des couleurs par défaut me font horreur.

J'ai vu Solus Mate qui a attiré mon attention car le thème semble plus soigné que les autres. Solus, connue pour son interface Budgie, que j'apprécie également beaucoup – mais pas partout.

Voyons voir ce que cela donne.

Installation

L'installation sur une VM n'est pas possible, problème dû à un bogue qui empêche de se connecter à la session du Live User. Obligé donc de l'installer sur une machine en dur.

L'image ISO tient sur 1,9 Go. Une clef USB de petite capacité suffit donc.

Il semblerait que l'UEFI ne soit pas pris en charge, ce qui oblige à revenir au mode Legacy dans le BIOS pour installer le système.

La position géographique est précise, ce qui permet de proposer plus facilement le choix des langues adaptées. Une fonctionnalité qui devient aujourd'hui un standard.

L'ISO est petit, l'installation est donc rapide, notamment sur un SSD, en moins de 10 minutes.

Premières impressions

L'interface est véloce, même sur une machine ancienne aux capacités réduites. Le reste dépendra de l'application à lancer.

Côté apparence, le thème est soigné et moderne, ce qui change du Mate par défaut qui donne un côté verdasse un peu défraîchi.

Solus OS Mate 4.3

Le positionnement de la barre de tâche et le comportement font clairement référence à Windows et pourrait éventuellement séduire ses utilisateurs. Il faut seulement aimer le thème sombre, choix par défaut – qui peut être changé, bien entendu. Je ne suis pas fan des thèmes sombres que je trouve peu lisibles et fatigants.

Malgré un choix soigné, le thème n'est pas homogène, notamment au niveau de la barre d'ascenseur qui est parfois plus large sur certaines applications que sur d'autres.

Configuration

Si l'interface est jolie, la barre des tâches est très fine, 24 pixels par défaut, ce qui la rend très petite. Si l'on veut l'agrandir, les icônes deviennent très grosses et très moches sitôt qu'on passe 28 pixels. Il faura donc choisir entre l'esthétique raffinée ou l'affichage grossi au travers d'un cul de bouteille. Dommage !

Les traductions ne sont pas complètes. L'application de logiciels, par exemple, propose encore des libellés en anglais malgré le système en français. Idem pour le navigateur Firefox. Il faudra installer le paquet de langue correspondant.

À part ces quelques défauts, l'interface est plutôt bien soignée et configurée.

Remarque : même s'il est toujours possible d'installer n'importe quelle interface graphique sur Linux, je conseille toujours de choisir une distribution avec l'interface de votre choix déjà pré-installée car l'intégration est mieux faite, par des individus qui y ont passé du temps et qui savent normalement régler finement le paramétrage pour obtenir le meilleur équilibre intégration/performances.

Applications

Firefox est le navigateur par défaut; VLC le lecteur multimédia par défaut.

Caja, le gestionnaire de fichier par défaut, est plus lent pour les accès réseau que son pendant Fichiers – Gnome – mais il reconnaît très bien les serveurs et disques réseau.

Zenity est installé par défaut, ce qui est un bon point pour une interface fondée sur GTK et permet d'étendre les fonctionnalités aisément.

Pour le reste, il s'agit des applications habituelles.

 

Conclusion : une grosse déception !

Lorsque j'ai vu la démonstration et les copies d'écran, j'ai tout de suite été attiré. J'ai voulu tester. Et je suis très déçu. Aussi bien l'interface graphique est jolie et rapide… jétais emballé et tout à coup, patatra, les défauts sont remontés à la surface et se sont accumulés.

L'impossibilité d'installer une VM n'augurait rien de bon. le problème de BIOS UEFI commençait à sentir le roussi.

Une fois l'installation faite sur une machine, en conditions réelles, c'est la douche froide.

La barre de tâches ne permet pas d'ajouter simplement des applications favorites comme sous Gnome ou même Windows – cette problématique n'est pas locale, mais inéhente à Mate.

La live session fantôme hante toujours les lieux

Dans certains cas, le bouton «Éteindre l'appareil» ne permet étrangement pas d'éteindre l'appareil. On sort seulement de la session. Pour éteindre il faut alors utiliser le bouton en haut à droite. Étrange ! On sent que la Live Session est toujours quelque part et vient parfois parasiter le système, notamment lors des mises à jour.

Perte d'agencement de clavier

Après la première série de mises à jour, malgré le choix correct du clavier, l'agencement est passé en Qwerty sans possibilité de remettre mon agencement en place. Et lorsque je demande l'affichage de ce dernier, la fenêtre est vide.

Ce problème d'agencement est, pour moi, rédibitoire. Sur un système moderne, il n'est pas acceptable de faire face à cette situation. Et pour cause : si un individu sensibilisé à Linux n'arrive pas à récupérer son agencement de clavier, imaginez votre mère ou grand-mère dans la même situation ! Dommage !

Quitte à choisir un bureau Mate, optez pour Ubuntu Mate, qui est certes un peu moins joli – question de goût – mais mieux intégré et plus cohérent.

Malheureusement, Solus OS Mate n'est pas encore assez mature pour exploiter un ordinateur au quotidien.

Une jolie interface ne fait pas tout !