GNU Taler : le porte-monnaie du futur dans un bac à sable

Une monnaie numérique aussi intéressante qu'anecdotique

GNU Taler est un système de paiement qui a de plus en plus le vent en poupe. Je lis régulièrement des articles qui l'annoncent comme le porte-monnaie de l'avenir, à la fois performant, compatible avec le système bancaire actuel tout en étant respectueux de la vie privée.

Du moins, sur le papier… mais en vrai, dans la vie réelle de la vérité véritable, qu'est-ce que ça vaut ?

Qu'est-ce que GNU Taler ?

Histoire

L'histoire de GNU Taler commence au début des années 2010, au sein de la communauté du logiciel libre et de la recherche académique.

En 2014, le projet est lancé par Christian Grothoff et Florian Dold, chercheurs à l'Université de Rennes et à l'Université Technique de Munich. Leur constat est simple : Internet manque d'une couche de paiement qui respecte les droits fondamentaux des utilisateurs.

À partir de 2020, le projet gagne en crédibilité lorsqu'il reçoit le soutien du programme européen NGI – Next Generation Internet – et attire l'attention de la Suisse. En 2021, la société Taler Systems SA est fondée à Bienne pour transformer la recherche en une solution industrielle prête à l'emploi.

Principes

Pour bien comprendre GNU Taler, il faut s'éloigner de l'image classique des cryptomonnaies – Blockchain, minage, spéculation – et le présenter comme une évolution technologique du billet de banque physique pour l'ère numérique. Il s'appuie sur les travaux de David Chaum, le père des « Cash numériques » des années 80. Il utilise le concept des signatures aveugles – blind signatures –, une méthode mathématique qui permet de prouver qu'un jeton est authentique sans savoir à qui il appartient.

GNU Taler est un système de paiement électronique libre, axé sur la protection de la vie privée des acheteurs tout en garantissant la transparence fiscale des vendeurs.

Contrairement aux systèmes basés sur la Blockchain, Taler n'est pas une nouvelle monnaie. Il utilise les monnaies existantes – CHF, EUR, USD – qu'il transforme en « jetons numériques » sécurisés. Son nom est d'ailleurs à la fois un acronyme et un clin d'œil historique :

  • GNU : Il fait partie du projet GNU, garantissant un logiciel libre, auditable et sans porte dérobée.
  • Taler : Nommé d'après le Thaler, une ancienne pièce de monnaie en argent qui a donné naissance au mot « Dollar ».

Le nom TALER signifie : Taxable Anonymous Libre Economy Reserve.

Taxable (Imposable) : C'est le pilier qui différencie Taler de la plupart des cryptomonnaies anonymes – comme Monero ou Zcash. Le système est conçu pour que les revenus des marchands soient toujours transparents pour l'État. Le but est d'empêcher l'évasion fiscale et le marché noir. Taler ne veut pas détruire l'État, il veut le rendre compatible avec la vie privée.

Anonymous (Anonyme) : L'anonymat ici est unidirectionnel.  C'est l'acheteur qui est anonyme. Personne – ni la banque, ni le marchand, ni l'État – ne peut savoir ce que vous avez acheté, ni où, ni quand. La technique repose sur les « signatures aveugles » de David Chaum.

Libre (Libre) : Taler est un projet de la Free Software Foundation. La liberté ici est celle du logiciel – Open Source. Tout le code est public, auditable et personne ne peut vous imposer des conditions arbitraires ou censurer vos transactions. Dit autrement : GNU Taler est certifié par la Free Software Foundation (FSF), ce qui en fait le seul système de paiement au monde répondant aux critères éthiques du logiciel libre.

Economy (Économie) : Taler n'est pas une monnaie spéculative mais un outil pour l'économie réelle. Le système est d'une efficacité redoutable, car les transactions sont quasi instantanées et les coûts énergétiques sont dérisoires comparés au Bitcoin – pas de minage, juste de la cryptographie légère.

Reserve (Réserve) : contrairement aux cryptos volatiles, chaque « Taler numérique » est adossé à une réserve de monnaie réelle – CHF, EUR – dans une banque. C'est ce qu'on appelle un système à « 100 % de réserves ». C'est ce qui garantit la valeur.

Fonctionnement

Pour comprendre Taler, il faut imaginer trois acteurs reliés par un protocole cryptographique ultra-rapide.

Le Client (l'acheteur) retire des jetons de sa banque via un Exchange. Grâce aux signatures aveugles, l'Exchange sait combien vous avez retiré, mais il ne peut pas voir où vous dépensez cet argent. C'est l'anonymat garanti pour l'acheteur.

Pour recevoir un paiement, le Marchand (le vendeur) doit déposer ses jetons reçus à l'Exchange. Ici, l'anonymat s'arrête : pour que l'argent arrive sur son compte bancaire, le fisc peut voir combien il a gagné. C'est la fin de la fraude fiscale pour les entreprises, sans sacrifier la vie privée des clients.

L'Auditeur est l'acteur invisible vérifie en permanence que l'Exchange possède bien autant d'argent en banque qu'il a émis de jetons. Cela évite la création de monnaie à partir de rien.

Fonctionnement de Taler
Fonctionnement de Taler

Lorsque vous payez avec une carte bancaire ou une application comme TWINT, votre banque sait exactement chez qui vous étiez, à quelle heure, et pour quel montant. Ces données sont une mine d'or (souvent revendue) qui permet de dresser votre profil psychologique et de consommation.

Grâce aux signatures aveugles, l'Exchange – le bureau de change – signe vos pièces numériques sans voir leur numéro de série. La banque voit que vous avez retiré 100 CHF. Mais lorsqu'ensuite vous dépensez ces 100 CHF chez un libraire, un pharmacien ou un parti politique, personne ne peut relier l'achat à votre identité. Votre vie privée est protégée comme si vous utilisiez des billets de banque physiques. L'anonymat de l'acheteur est garanti ; c'est la fin de la surveillance commerciale. Le citoyen retrouve la liberté d'acheter ce que l'on veut sans être « fiché ».

Dans un système de cash physique ou avec certaines cryptomonnaies, un commerçant pourrait « oublier » de déclarer ses revenus. Or, pour convertir les jetons numériques reçus en argent réel sur son compte en banque, le marchand doit les déposer à l'Exchange. Ce dernier authentifie les pièces et envoie l'argent sur le compte bancaire du marchand. Ce flux est parfaitement traçable par l'administration fiscale. Le marchand ne peut pas cacher ses ventes, car chaque jeton déposé est la preuve d'une transaction légitime. La transparence du vendeur est une arme contre l'évasion fiscale qui permet de satisfaire les exigences des États qui conservent la capacité de financer les services publics – écoles, hôpitaux – par l'impôt, car la fraude fiscale massive devient techniquement impossible.

Gardons donc à l'esprit que Taler n'est pas un outil de « rebelles » cherchant à échapper au système, mais une infrastructure civilisée qui protège l'individu tout en préservant le contrat social. Il est une révolution, il faut s'attaquer au problème fondamental de toute monnaie numérique : le risque de double dépense – si une pièce de monnaie n'est qu'un fichier informatique, qu'est-ce qui m'empêche de faire « Copier-Coller » et de dépenser la même pièce chez deux marchands différents ?

Points forts

Pas de Blockchain

La plupart des gens pensent que la Blockchain est la seule solution à la double dépense. Mais la Blockchain a trois défauts majeurs :

  • Lenteur : il faut attendre que le "bloc" soit miné;
  • Coût énergétique : le minage consomme énormément d'électricité;
  • Absence de vie privée : par définition, une blockchain est un registre public où toutes les transactions sont visibles (même si elles sont pseudonymes).

GNU Taler rejette la Blockchain. Il utilise une architecture centralisée – l'Exchange – mais rendue honnête par la cryptographie.

Les "Signatures Aveugles"

C'est la partie la plus élégante techniquement. Imaginez l'expérience suivante :

  1. Vous mettez un billet de 10 CHF et un papier carbone dans une enveloppe.
  2. Vous tendez l'enveloppe à votre banquier.
  3. Le banquier signe «l'extérieur» de l'enveloppe sans l'ouvrir – il ne voit pas le numéro de série du billet.
  4. Grâce au carbone, sa signature est transférée sur le billet à l'intérieur.
  5. Vous récupérez le billet signé : il est authentifié par la banque, mais la banque ne connaît pas son numéro de série.

En informatique, le « papier carbone » est une fonction mathématique : L'Exchange signe votre pièce sans voir son identifiant unique.

Empêcher la double dépense

Si vous essayez de dépenser deux fois la même pièce numérique :

  1. Le Marchand 1 envoie la pièce à l'Exchange pour vérification instantanée. Ce dernier note le numéro de série dans sa base de données et valide la transaction.
  2. Le Marchand 2 reçoit la « copie » de la pièce et l'envoie à l'Exchange.
  3. L'Exchange voit que ce numéro de série a déjà été déposé. Il refuse la transaction immédiatement.

La sécurité est ainsi absolue : comme l'Exchange est le seul point de passage pour transformer les jetons en argent réel, il est impossible de tricher.

Résistance et efficacité

L'architecture Taler offre des avantages techniques massifs :

  • Vitesse « Visa » »: une transaction Taler prend quelques millisecondes. C'est aussi rapide qu'un paiement par carte, contrairement au Bitcoin.
  • Énergie : Taler consomme autant qu'une simple base de données web. C'est une solution «écologique» par nature.
  • Sécurité Post-Quantique : les protocoles utilisés par Taler sont conçus pour être mis à jour facilement si les ordinateurs de demain deviennent trop puissants pour la cryptographie actuelle.

Qui utilise Taler ?

Le réseau est en expansion – relative – et porté essentiellement par des acteurs qui cherchent une alternative souveraine aux géants du paiement – Visa/Mastercard/Twint. Parmi ceux-ci, notons :

  • La Ville de Bienne (Suisse) : C'est le cas d'école le plus célèbre. Bienne a été la première ville au monde à lancer un projet pilote pour permettre le paiement de prestations communales (taxes, services) via GNU Taler. C'est elle qui gère l'un des premiers "Exchanges" officiels en Suisse.
  • La Banque GLS (Allemagne) : Comme nous en avons discuté, la GLS est un partenaire historique. Elle explore l'utilisation de Taler pour offrir à ses clients un moyen de paiement numérique qui respecte les valeurs de la banque : transparence et protection de la vie privée.
  • La Banque Alternative Suisse (BAS) : Elle suit de très près les développements et collabore souvent avec les équipes de Bienne pour les questions de conformité bancaire et d'éthique des flux financiers.

En dehors des institutions, Taler commence à être adopté par :

  • Les médias et éditeurs pour le "micro-paiement" – acheter un article à l'unité sans abonnement.
  • Les ONG et associations pour recevoir des dons anonymes sans perdre 3 à 5 % de commission en frais bancaires traditionnels.
  • Les commerçants de niche, principalement dans le secteur technologique et local – à Bienne notamment –, qui souhaitent offrir une alternative respectueuse de la vie privée à leurs clients.

Mise en pratique

À l'heure actuelle, il existe trois façons d'utiliser GNU Taler : une application mobile, une extension de navigateur et un compte en banque Taler (démo). Pour la mise en pratique, nous utiliserons la version mobile est qui probablement plus prometteuse en terme d'usage quotidien – ici version 1.3.0.

Tour d'horizon

L'interface est simple et épurée, idéale pour gérer simplement un porte-monnaie. Pas besoin de plus.

Par défaut, l'application s'ouvre sur l'état de compte (Assets) :

État du compte
État du compte

La monnaie par défaut de Taler est le Kudo, ク – du japonais KU. Pour accéder aux transactions, il suffit de cliquer sur la balance de la devise disponible :

Transactions
Transactions

En bas, le bouton du milieu donne accès aux actions possibles :

Actions possibles
Actions possibles

Et le dernier donne accès aux paramètres :

Paramètres
Paramètres

Depuis là, les prestataires :

Les prestataires
Les prestataires

Et les comptes en banque (Bank accounts) :

Les comptes en banque
Les comptes en banque

Par défaut, vous disposez d'un compte de bac à sable pour jouer à échanger de la monnaie :

Ajout d'un compte
Ajout d'un compte

Les prestataires

Dans l'écosystème GNU Taler, on distingue l'outil technique – l'Exchange – et l'entité légale – le Prestataire.

L'Exchange est le terme technique qui désigne le serveur – le logiciel – qui exécute le protocole Taler. C'est lui qui :

  • gère les signatures aveugles;
  • détient les clés cryptographiques;
  • vérifie qu'une pièce n'est pas dépensée deux fois.

Par analogie : il est l'équivalent du distributeur automatique de billets.

  • Le Prestataire – ou Opérateur – est l'entité juridique qui possède et fait tourner cet Exchange. C'est lui qui a la responsabilité légale de l'argent. Il :
  • possède la licence bancaire (ou un partenariat);
  • détient le compte bancaire de réserve où dorment vos devises;
  • est audité par les autorités financières – comme la FINMA en Suisse.

Par analogie :  il est l'équivalent de la banque  propriétaire du bancomat. Pour utiliser un Exchange et réaliser des opérations, il faut ajouter un prestataire.

En dehors du prestataire de démo défini par défaut, il existe actuellement 3 prestataires réputés :

Taler Systems SA (Suisse) : https://exchange.taler-ops.ch. C'est l'instance gérée par Taler Operations AG – souvent abrégé « Taler-Ops ». Elle est l'infrastructure professionnelle suisse dédiée à l'exploitation concrète du système. Elle agit comme un opérateur technique pour des tiers auxquels elle fournit l'infrastructure robuste dont une banque – comme la BAS – ou une municipalité – comme Bienne – a besoin pour que le système tourne 24h/24 sans bug. La devise de référence pour les transactions réelles en CHF – Francs suisses. En utilisant cette URL, vous passez par une entité soumise aux régulations suisses, ce qui est un argument de poids pour votre blog concernant la sécurité juridique et financière. L'adresse https://exchange.eur.taler.net/ permet de gérer des EUR.

La Ville de Bienne (Projet "Biel/Bienne") : https://exchange.bienne.ch/ ou https://exchange.biel.ch/. C'est l'adresse à utiliser pour les paiements en CHF. Elle est auditée et gérée en collaboration avec les autorités locales.

GLS Bank (Allemagne) : https://exchange.gls.taler.net/ – l'URL est à vérifier selon votre type de compte GLS. Principalement pour les transactions en EUR. Une adresse de démo est aussi disponible à https://exchange.glstest.taler.net/.

Remarque : la majeure partie des adresses sont indisponibles pour des raisons de sécurité. La plupart du temps, il faut d'abord ouvrir un compte dans l'établissement et utiliser l'application maison pour disposer du moyen de micro-paiement. D'ailleurs, si les adresses Taler sont disponibles… c'est parce que vous utilisez leur application.

Ajout d'un prestataire

Depuis les Paramètres > Prestataires : ajouter un prestataire dons l'URL est https://exchange.taler-ops.ch. Celui-ci est localisé en Suisse, accessible avec l'application maison Taler, et gère les devises CHF.

Ajout d'un prestataire
Ajout d'un prestataire

Une fois ajouté, cliquer sur le points de suspension puis Accepter les conditions générales d'utilisation :

Approuver les conditions
Approuver les conditions

Et approuvez les conditions en cochant la case en bas :

Approuver les conditions
Approuver les conditions

De retour dans Assets, vous disposez d'une nouvelle devise CHF :

Assets en CHF
Assets en CHF

Ajouter un compte

Maintenant que vous avez votre prestataire, vous pouvez ajouter des comptes. Pour cela, dans Comptes > Ajouter un compte, vous disposez maintenant d'un onglet IBAN que vous pouvez définir – si vous possédez un compte en CHF :

IBAN
IBAN

Provisionner le porte-monnaie

À venir.

Utiliser le porte-monnaie

Et c'est là que la limite est atteinte, car personne n'utilise encore réellement Taler. Quelques marchants, quelques ONG… et c'est tout. Tout au plus vous échangerez quelques sous avec vos amis ou les membres de votre famille. Pour le reste, dans la grande majorité des cas, votre argent dormira là en attendant de vrais usages.

Conclusion

Bien que GNU Taler soit une solution techniquement aboutie avec un potentiel réel, son adoption reste aujourd'hui marginale.

En effet, il doit d'abord se faire une place sur un marché déjà occupé par des technologies existantes et pratiques. Pour le commun des mortels, Taler n'apporte que l'anonymat, ce que la plupart des gens sont prêts à céder sitôt que la solution proposée est pratique. En Suisse, par exemple, le micro-paiement est accaparé par Twint. Pourquoi un individu lambda ferait-il la démarche de changer au profit d'une solution encore marginale pour un usage très similaire ?

De plus, les banques utilisent les données personnelles des clients pour déterminer leurs habitudes d'achat et calculer ainsi un score de crédit plus précis. Rendre les achats anonymes, c'est se priver d'une partie de ces informations. C'est la raison pour laquelle les États comme les banques poussent à l'adoption massive des moyens de paiements numériques au détriment de l'argent liquide, intraçable.  Certains y voient, avec raison d'ailleurs, une marche de plus, non plus vers un score universel de crédit économique, mais un score de crédit social, tel qu'il est appliqué en Chine.

En conséquence : l'écosystème de marchands est encore trop restreint pour créer l'effet de réseau nécessaire. S'il est techniquement possible d'alimenter votre compte par virement SEPA ou SIC – Swiss Interbank Clearing –, dans la pratique, il sera difficile d'effectuer l'action et de trouver des marchands acceptant cette technologie de paiement. Par conséquent, à moins d'une adoption poussée par des volontés politiques/économiques fortes ou une prise de conscience massive des usagers, cette proposition finira par disparaître.

En attendant, Taler reste une technologie pour geeks sensibilisés à la protection de l'anonymat, c'est-à-dire pas grand monde. Prenons l'exemple du courriel : alors que créer une signature est aujourd'hui à la portée de tous, combien d'entre nous utilisent le chiffrement pour sécuriser les échanges ? À peu près personne.

Malgré tout, la qualité principale de Taler est son origine géographique : s'il demeure encore à l'état de prototype, il est l'un des rares projets européens capables de proposer une réponse efficace à la souveraineté des moyens de paiement face aux poids lourds américains comme Visa ou Mastercard. Dans des États fédéraux, tels que la Suisse et, dans une moindre mesure, l'Union Européenne, il permettrait de développer des solutions locales indépendantes aux monnaies transnationales. Ainsi, la ville de Bienne offre un bon exemple d'une implémentation locale qui pourrait alimenter ou favoriser les circuits économiques courts au sein desquels il proposerait une infrastructure sérieuse face aux Monnaies Numériques de Banque Centrale – MNBC. Taler se présenterait alors comme la solution technique prête à l'emploi pour que ces monnaies d'État garantissent la vie privée.

Ainsi, s'il n'est pas encore adopté, le code derrière Taler a le mérite d'exister comme une assurance en cas de mise en danger de la souveraineté. Paradoxalement, dans ce contexte, son défaut d'adoption est peut-être une bonne nouvelle : il est peut-être la preuve que la souverainté n'est pas encore assez en danger pour qu'une solution de secours soit implémentée à grande échelle. N'oublions jamais que le code fait loi ! De ce point de vue, il n'est pas une solution alternative. Le rapport de force s'inverse : ce sont les MNBC qui deviennent les alternatives de second plan.