Comment l'allergie aux FODMAP me condamne à une discipline de fer

Et dans «condamné», il y a «damné»…

L'allergie aux FODMAP n'est pas la pire des indispositions à gérer au quotidien, mais elle reste malgré tout assez lourde à adapter tellement les aliments interdits sont nombreux et ceux qui sont autorisés se réduisent comme une peau de chagrin. Même après dix ans, j'apprends encore chaque jour ce que je peux manger et ce que je dois supprimer.

Si mon protocole s'affine et qu'il devient suffisamment efficace pour garder les inflammations sous contrôle, il possède des effets secondaires inattendus que je dois apprendre à gérer également.

Les effets de la diète

Une des solutions pour gérer mon allergie est de reposer mon système intestinal durant un certain temps. J'ai mis au point le régime 1-2-4 qui me permet de gérer sereinement un cycle hebdomadaire et produit de bons effets, autant sur mon système digestif que d'autres inflammations chroniques – eczéma. Conformément au protocole, donc, j'ai deux jours de diète chaque semaine.

Cependant, cette diète induit un effet secondaire imprévu : la diminution du métabolisme. À cause de la privation temporaire de nourriture, mon corps s'est adapté pour gérer ce déficit en diminuant le métabolisme – notamment la thermogenèse adaptative.

Le plancher de la carence

Sauf que je ne peux pas abaisser mes apports énergétiques comme je veux, d'autant plus que je dois gérer une allergie qui ne laisse pas beaucoup de latitude.

Pour éviter les carences, je dois assurer une prise minimale des macro-nutriments et micro-nutriments essentiels : protéines essentielles, vitamines, oméga 3, cholestérol, collagène, fibres… sans oublier tous les compléments anti-inflammatoires : kéfir, curcuma, …

Ces aliments essentiels portent avec eux leur énergie. Éviter les carences induit un apport alimentaire et, par conséquent une charge énergétique minimale dont la quantité est supérieure à mon métabolisme de base.

Ce plancher est de 2 100 Calories par jour – hors diète – ce qui signifie 5 x 2 100 = 10 500 Calories par semaine. La diète m'oblige à condenser les nutriments sur 5 jours au lieu de 7, ce qui rend les repas plus denses et plus aisés à gérer.

Conclusion

En conséquence, je ne peux plus manger autant qu'avant. J'ai dû passer de 3 à 2 repas par jour. Et même avec ça, je ne peux pas passer en dessous d'un certain seuil sans risquer de prendre de poids. Je ne peux pas descendre en dessous sans risquer des carences.

La seule solution qu'il me reste est d'augmenter ma dépense énergétique. Selon ma balance électronique de haute précision, je dois pratiquer au moins 3 heures de course à pied par semaine, ainsi que 80 à 90 minutes quotidiennes de musculation/renforcement musculaire pour arriver à atteindre un équilibre.

Fort heureusement pour moi, je pratique le sport depuis tout jeune… mais je suis malheureusement tenu à une discipline qui tolère de moins en moins d'écarts.

À cela, je dois ajouter un nouveau contrôle à mon protocole : l'évolution du Cortisol. En effet, le volume de sport – musculation quotidienne + course – combiné à la diète peut paradoxalement augmenter le cortisol, une hormone qui peut favoriser l'inflammation à long terme si le corps ne récupère pas assez, laissant peu de place à la flexibilité métabolique – la capacité du corps à passer d'un régime à l'autre sans stress – qui place mon organisme dans un état de stabilité précaire. Le moindre arrêt du sport ou une variation de la diète peut provoquer un déséquilibre immédiat, démontrant que mon corps fonctionne actuellement en mode « optimisation maximale sous contrainte ».